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Biella se refuse à se coller un pseudo pour aller sur un  site de rencontres. Elle bloque sur l’idée de se donner une chance de croiser un « homme bien » par cette voie devenue traditionnelle. Biella déteste sélectionner  des critères pour initier une union comme on choisi un meuble Ikea.

L’âge, le crâne, son revenu. En prendre un qui aime « les musées autant que le cocooning » même si sa seule véritable expertise consiste à se gratter les couilles au travers de son short nylon en matant Drucker. Un qui veut une relation sérieuse et pas un plan cul. Même à 50 ans , les femmes continuent de vouloir protéger leurs virginité-autoroute.

Les ovaires sont asséchés, deux pruneaux, mais elles continuent de croire aux princes charmants, le concept. Elles en ont croisé plus d’uns qui leurs ont demandé de leurs lécher les couilles en leurs mettant un doigt bien au fond, mais pas trop. Cela ne suffit pas a se débarrasser de l’idée de Prince, cela doit être une coutume en vogue à la cour du Roi. Un prince n’est pas frustré parcque l’on avale pas, pauvres cruches. Il  a même des ménauposées qui cochent « pas encore décidée » à la question, « voulez vous des enfants ? ». Les romantiques qui ne désirent que des professions libérales aux revenus supérieurs à 100 000 euros l’an. Les tarées avec des lunettes de soleil ou la frange en travers de la gueule sur les photos de profils. Les flippantes avec leurs chiens en gros plans, qu’elles se fassent bouffer la chatte par leurs hamsters ! Les têtes de repris de justice. Les névrosés avec sous leurs yeux des hamacs gris. Celles qui sont autant féminines que la bite de Rodolf. Les dents sont sous la moustache, suivez le chemin… Biella pourrait vomir toutes ces connes isolées si elles n’étaient pas si grasses et si nombreuses. Les « jean louis David » qui misent tout sur leurs différentes coupes de cheveux, couleurs ,  mouvements.  Ces variations fleuries aux sommets de tas d’immondices vieillissants. Ces blondes brillantes avec tresses fluides sur des visages de Sharpays, ces têtes de sacs en cuir usagé. En comparaison, des momies auraient des airs de pub Nieva sur l’intérêt d’une nutrition saine de la peau. Les prostituées d’Afrique , d’Asie ,de Russie, Dom Tom, de Nice qui ont l’honnête noble de n’en vouloir qu’au fric et de le dire : « l’Amour braguette ». Celles qui ne conjuguent l’Amour que nécessairement avec la durée et l’éternité, critères incontournables du Vrai Amour. Le Vrai Amour, avec un V comme verrue.

Toutes ces incomplètes qui misent à 100 % leurs bonheurs sur la rencontre avec l’autre, le sauveur. Celui qui va s’attaquer aux méandres de leurs psychologies de batraciennes. Celui qui fera de toutes ces charpente de complexes, de frustrations, d’attentes : une mer calme et définitive. Biella se refuse à tout ça. Elle se résigne et se contente de Rodolf. Tous les mercredis dans une arrière salle mal chauffée. C’est une médiocrité assumée qui à l’élégance de n’être, en aucun cas, l’espoir  d’un demain plus radieux.

 

 

 

 

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Journal intime d’Ethan , Toronto, Mars 2011.

La nuit était lugubre et un peu moite pour une fin d’année.

Tout collait à la peau,
les élections, les non-érections, le réchauffement climatique et clitoristique.
La COP21, les attentats, « Paris la nuit »…Ah, son Paris qu’elle aimait
tant ! Mitraillé, explosé.
Ah son Paris ! Libéré (? – des cons) mais sous état d’urgence pour trois
mois quand même.
Chloé avait peu fréquenté les militaires et elle ne souhaitait pas en voir
autant dans les rues ou les gares.
Son désir était ailleurs : faire comme sa soeur.
Juste un peu… ça ne sert aérien de copier et puis la vie cousue du cul
de Biella la laissait…froide, pas son truc.
les multi-expériences au fond des gogues, les brûlures.
Ce que cherchait Chloé c’était une forme d’amour.
- « Mais nan, j’rigole » disait-elle aussi sec.
« On sait bien que « l’amour, c’est du pipeau ».
Pour certains, certaines comme sa soeur et bien « l’Amour, c’est de la pipe ».
Bref et donc, et pour se résumer : Chloé cherchait surtout une
Relation.

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Biella se ressaisit. Elle connaît trop ces boules vaines dans la gorge qui gonflent et ne mènent  à rien.

Préciosité lacrymale, réponse hormonale au froid des pierres alentours.

Elle se cherche un soleil dans la vitrine du bar parmi toutes les fioles d’alcool. Cet alcool, cette vie brulante.

Une bouteille d’Ecosse, peut être ?  à la texture ambrée, au gout épais et fort.

Un gout de fût , d’années écoulées dans le silence d’une cave de pierres qui est très loin de tout ce quotidien somnolant.

_ « Tu m’en veux toujours ? » Rodolf est apparu sans qu’elle s’y attende.

_ « T’en vouloir de quoi ? « 

_ « Ne te pas t’avoir appelé après la soirée au Chester ? »

L’ambiguïté sexuelle de Rodolf était perceptible jusque dans sa coupe : entre colorations subtiles et dégradés bruts de ciseaux.

_ « Ecoutes Rodolf, tu mènes ta vie. J’t'aime bien. T’es correct et amusant.T’as une belle queue aussi mais tu ne peux rien pour moi

et je n’attends rien de toi. »

_ « Ca va… pas la peine d’être agressive, Biella. »

_ « J’suis pas agressive, j’attends rien de toi, ni de personne et je me demande même parfois ce que je peux moi même faire pour moi . »

C’est exact, il n’y a aucune agressivité  dans la voix, Rodolf le sent. Une lassitude qui n’aurait pas l’énergie de déranger. C’est ce qui l’excite chez elle.

Il a parfois la sensation pendant leur sexe cash qu’il peut faire vibrer ce néant intérieur quelques secondes.

Rien que quelques secondes. C’est  si vain et si énorme cependant, comme bâtir une église au sommet d’un mont du Jura.

Biella reprends une  bouffée de sa Gitane sans filtre, surprenant que le goudron ne lui ai pas attaqué les dents pour en faire des réglisses.

La fumée tournoie vers le plafond gras, elle se repend, une corolle de nicotine.

Rodolf regarde les imposantes boucles d’oreilles de sa maitresse ponctuelle.

Il n’aime pas les femmes, il les trouve trop molles de corps. Biella est différente, une énergie se dégage d’elle, une énergie construite sur une part d’ombre. Elle ne veut pas parler de sa famille , ni de son passé comme si le temps écoulé était pour elle une ancre lourde qu’il fallait absolument abandonner.

_ « Si , tu as besoin de moi, téléphone. »

Rodolf , s’éloigne dans la rue pour  disparaître derrière un groupe de touristes allemands colorés.

Biella se plisse la bouche, cyniquement. Si toi, tu as besoin de moi, tu téléphonera. Si , toi , tu as besoin de moi, tu me contactera. Pauvre nombril hypertrophié. Une brève seconde , son amant fugace l’écœure. Elle veut ce sursaut de dégout pour pouvoir  encore se faire pénétrer par lui.

Grâce à ce mépris, elle sait que tous les sentiments sont définitivement tenus à l’écart de son interaction avec ce petit gay. Finalement, ce n’est qu’un petit gay mal situé dans sa sexualité. Elle lui crache dessus, se faisant elle reçoit sur son visage, la chaleur mouillée de sa propre salive.

 

 

 

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Journal intime d’Ethan. Toronto. Fev 2011.

Chloé était d’un autre monde.

Comptable Bac+2 puis expert-comptable,
Bac+5. Ni pute, ni exquise.
Lunetteuse-chieuse jusqu’au bout, elle n’avait pas changé de son vivant jusqu’à la Fin.
Elle était prostrée, viciée, calvitie ensuite.
Elle se voulait prête à tout de son vivant.
Un cliché de fille de films X qui reçoit son patron en pleine bouche sous le bureau
mais qui hésite cependant à ôter sa paire de lunettes.

Elle bafouillait plus que de raison, attirée par les filles bafouées,
les hommes poilus. Cancéreuse jusqu’à l’os,
Oui, ça elle l’avait eu, sa minute de vérité.

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Avec la bouche en trou du cul , sans rouge à lèvres.

Biella sent la viande.
Elle a bouffé plus de pilules du lendemain que de Smarties dans sa vie.
Elle regarde la salle, les néons colorés.
La bouteille de Whisky rétro-éclairée dans la vitrine.
Ses fesses absorbent le tabouret, la sueur de sa raie signe parfois le cuir.
Biella n’est pas une pute.
Son rouge à lèvres cerne une dentition parfaite.
De longs cils protègent un regard froid d’un vert rare, trop clair. De toutes les femmes clientes du bar de St Malo, Biella est la seule que personne, jamais, n’a importuné. Elle fixe son verre, sans tristesse. L’enceinte de l’ordi crache un tube des Rollings Stones. La voix de Mick brise parfois la monotonie alcoolique alentours.
L’humidité parisienne embue les vitres mal isolées de la devanture.
Les gouttes d’eau glissent le long de cet urinoir pur.
Le distributeur de cacahuètes attend qu’un fou lâche trois fois le prix normal pour obtenir sa boite en fer remplie de trop de sel. Le patron s’endort. Sur une étagère haute, des cures dents poussiéreux, des ronds de serviettes en bois « Made in China ».
Biella a encore la sensation de l’ardeur de Rodolf dans l’arrière sombre et ovulaire de sa chatte.
Rodolf est gay.
Il s’autorise parfois des extras dans un élan de virilité refoulé.
Nous sommes Mercredi, jour bâtard coincé au centre d’une semaine. Après son cours de guitare et celui de sculpture , Rodolf la siffle par téléphone portable.
« Retrouves moi derrière l’atelier »
Il lui soulève la jupe, tendrement, enfonce son sexe généreux et épais. Il arrive à la faire jouir assez rapidement. Probablement parce qu’elle sent qu’il n’en a rien a faire, elle n’a qu’a savourer l’organe gonflé.
Elle est libérée enfin de toutes les autres attentes.
Un jour pourtant, ils devront au moins faire le test.
Dans l’arrière salle de l’atelier, cela sent le cuir, la terre humide. Le déodorant vanillé de rodolf aussi.
Biella marmonne souvent une phrase ancrée avant l’extase suprême :  » la vie est injuste, les cancéreux le savent bien. » Son regard vert se glace. Elle fixe alors les chaussettes tombantes de son étalon ainsi que ses deux mollets blancs. Elle jubile en se vidant de tout son air. Elle se souvient souvent du dernier jour de sa sœur. De ce gouttes à gouttes qui abreuvait un crane luisant. Jaeger balançe un cri violent en accompagnement d’un pic de batteries, les guitares se déchainent.
La boite en fer tombe finalement du distributeur de cacahuètes , trop salée.
Chloé, sa sœur s’appelait Chloé.

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